02 juillet 2009
le 5ème élément
On lui en parle souvent, du 5e élément.
Et à chaque fois elle a un sourire mi-figue mi-raisin en répondant que non, 4, c'est déjà bien, sans en ajouter plus.
Les visages en face ne sont pas convaincus, et hochent souvent la tête d'un air entendu en disant que oui, 4 c'est déjà bien, c'est vrai... Ces mêmes visages-girouettes qui faisaient "non, n'importe quoi " à l'annonce de l'arrivée d'un 4e....
L'appel du ventre a pourtant grogné bien fort, un cri puissant et animal, lancinant. Elle a fait la sourde oreille, en haussant les épaules.
-Tu n'y penses pas, lui disait-elle, tu as déjà oublié? Moi pas. Et je ne veux plus jamais repasser par là. Non, plus jamais.
-Mais, regarde bien au fond de toi, lui répondait-il, tu es sûre? Ca y est alors, tu tournes la page? Tu vas y arriver? Et il criait encore bien plus fort.
-Alors elle soupirait, je n'en sais rien, ce sera difficile, je sais.
Alors il s'est tu, l'appel du ventre, enfin il n'a plus crié aussi fort. Il l'a fait crier de douleur tous les mois. Pour qu'elle sache bien que si elle disait non, lui criait oui, et que le nid inutile qui s'en allait était une véritable souffrance.
Et elle pleurait, coincée sous sa bouillotte, allant du lit au canapé à quatre pattes (elle qui n'avait jamais souffert, un comble!!). Trop épuisée pour s'étourdir devant sa machine et faire comme si elle n'entendait rien, comme avant.
Le jour de la fête des mères-date symbolique- elle a descendu tous les cartons du dessus de son armoire. Toutes les petites affaires de bébé soigneusement pliées, gardées "au cas où", parce que toujours l'appel du ventre lui disait "ho, garde les après tout". Mais là elle a tout trié. La boule au ventre, le coeur au bord des lèvres et en pleurant, elle a tout mis dans des grands sacs, qu'elle a déposé dès le lendemain au secours catholique.
Vite, vite pour ne pas regretter, vite pour ne pas ramener les sacs comme elle l'avait déjà fait.
Et voilà. Le 5e élément s'est envolé.... Elle lui a dit au revoir grâce à une douce et son reiki, et elle a eu bien mal sans le dire.
Ca aurait pu être une jolie histoire encore une fois réécrite, celle d'un enfant qui grandi dans sa maman dans l'amour et la joie, celle de la douce attente. Seulement, comme la fin n'est pas des plus jolies, elle préfère ne rien écrire, et continuer son livre sans nouveau chapitre.
Amère, elle sait bien qu'un jour ou l'autre il faudra retourner quelques pages en arrière pour refermer des plaies qui saignent toujours, mais chaque chose en son temps. Et le temps du ventre rond, il est terminé maintenant.
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Commentaires
je suis sans voix
Tellement ces mots sont forts...
Merci
Princesse Petit Pois
et c'est TON histoire qu'il faudra écrire ensuite ma belle :)
La vie est belle malgré les épreuves et le 5ème élément aurait eu trop à porter sur ses frêles épaules, trop à guérir...
Tu as fait le bon choix, le tien en tout cas et le bonheur n'en sera pas moins grand!!!
Je t'aime
Des bises toutes douces pour toi, ma Clairette...
je suis sans voix
Tellement ces mots sont forts...
Merci
Princesse Petit Pois
des bises ma douce Clairette plein plein plein de bises, et la certitude que tu sauras écrire la suite de ton histoire comme elle doit être, comme celà est boen et juste pour toi.
Ma clairette
j'aimerais tellement que tu sois apaisée de ces blessures. Pourvuque tu trouves sdur ta route le soulagement que tu mérites.
Bravo pour ton courage en tous cas.
je t'embrasse.
Ah, Clairette comme c'est beau. C'est drôle j'ai parfois l'impression que toi et moi on partage une histoire. Moi, la césarienne c'était pour la 3e et moi aussi je suis un peu morte et ce que tu dis pour le 5e élément et bien, pour moi, c'est pour le 4e. J'ai fait comme toi, ces derniers temps : j'ai donné, vendu tout, tout... (en fait, je mens, j'ai gardé quelques trucs, en théorie "pour mes petits-enfants)... Et tous les mois, j'attends et espère qu'il sera là quand même, venu tout seul, le 4e élément. En tous cas, je voulais te dire que ton témoignage sur la naissance d'Hermance m'a aidée, moi, à guérir de la naissance de Suzanne. Grâce à toi, quelque chose de douloureux est parti, j'espère que tu trouveras toi aussi, la personne, le lieu, le moyen, de soulager cette douleur et de faire le deuil de cette naissance naturelle. Merci Clairette pour tous ces mots... Biz
Bises d'ici aussi, douce Clairette...
elle...
oui, la certitude que tu saura écrire la suite de ton histoire, comme elle doit être.....ou peut être qu'elle est déja écrite?
et que le "elle" d'aujourd'hui, n'est pas celui de demain, non?!
de l'amour en tous cas, tout plein tout plein!!
C'est très fort ce que tu écris-là Clairette et j'espère de tout coeur qu'un jour ton corps et ton âme seront réconciliés et que tu n'auras plus mal à chaque lune rouge.
L'histoire à écrire ensuite sera, quant à elle, magnifique, j'en suis sûre !
Et une pensée toute douce à ton 5° élément qui joue peut-être avec mon 7° nain là-haut, dans le cosmos...
Je t'embrasse doux :)
Oups, moi qui m'apprêtais à t'en voyer un p'tit mail genre "youpi, c'est les vacances!" me voilà glacée sur place... quelle force dans ces lignes, quel courage de pouvoir les écrire... et quelle souffrance.
J'espère du fond du cœur que tu trouveras le moyen de t'apaiser, de dompter et de vaincre cette douleur si intime, si viscérale et si légitime aussi.
Prend soin de toi et laisse tes 4 merveilleux enfants te combler, ils sont ta plus belle consolation.
Bisous doux
Clarouche.
oh ma douce, les mots me manquent, je ne sais, je en peux que te serrer fort dans mes bras et t'embrasser tout doux, tout doux comme une soeur.
Mounette
merci à toutes
vraiment du fond du coeur pour tous vos messages plein de gentillesse et de douceur....
@ Suzie, j'ai longuement hésité à poster mon premier message sur la césa, et le second. Ce qui m'a fait appuyer sur le bouton envoyer, c'est justement toute ces mamans qui comme moi, comme toi, pour une césa, une épisio, un accouchement ou une grossesse mal vécue, un allaitement "raté" se trouvent seules, sans possibilité de dire cette souffrance, parce que l'entourage, le corps médical ne reconnaît pas le droit "de se regarder le nombril" Cf un comm' de gygy sous le 1er récit.
Je digère :) mais quand on touche le fond et qu'on donne un coup de pied pour remonter, on en remue de la vase.... ;)
@Gene : heuuuuu.... T'as fumé quoi? hiihih faudra que tu me le refasses devant un lapsang, hein?
@angèle, ça va swinguer dans le cosmos!!!
pff, moi ça me fait chialer grave tout ça !!
je t'embrasse fort fort fort...
n'hésite pas à refaire encore et encore du reÏki, c'est parfois dur avant que le malaise se débloque mais quand ça lache... pff, on est plus léger et ce désencombrement d'affaire devrait vite te rendre plus légère aussi...
douces pensées affectueuses...
Elle est bien profonde cette blessure, mais quand il sera temps, tu auras à ta portée le remède qui te la soignera... Et mieux vaut éviter de faire porter ce remède sur les épaules d'un enfant.... Alors ta décision est la bonne, tu es très courageuse, je t'embrasse
jenny, laeti, c'est ce que j'ai toujours pensé....
Mama quilla,, je travaille dur à défaire ce gros sac de noeud que j'ai devant moi.... merci à toi, mille bises...
Ah ma douce Clairette ...
quelle douleur dans tes mots, je la ressens comme si c'était moi. Je comprends ta tristesse et ton envie d'aller au delà, d'avancer, de passer à autre chose. Je t'admire car moi je n'en suis pas encore là et je commence à revendre aussi le matériel (mais pas les vêtements je ne peux pas, ni la poussette d'ailleurs...).
Que c'est dure de s'y résoudre, quelle force il faut avoir.
Je t'avoue que je ne me suis pas encore résolue à ne pas avoir de 5ème ... on verra bien.
en tout cas je t'embrasse bien fort ainsi que toute la petite famille
claudie
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