02 juillet 2009
le 5ème élément
On lui en parle souvent, du 5e élément.
Et à chaque fois elle a un sourire mi-figue mi-raisin en répondant que non, 4, c'est déjà bien, sans en ajouter plus.
Les visages en face ne sont pas convaincus, et hochent souvent la tête d'un air entendu en disant que oui, 4 c'est déjà bien, c'est vrai... Ces mêmes visages-girouettes qui faisaient "non, n'importe quoi " à l'annonce de l'arrivée d'un 4e....
L'appel du ventre a pourtant grogné bien fort, un cri puissant et animal, lancinant. Elle a fait la sourde oreille, en haussant les épaules.
-Tu n'y penses pas, lui disait-elle, tu as déjà oublié? Moi pas. Et je ne veux plus jamais repasser par là. Non, plus jamais.
-Mais, regarde bien au fond de toi, lui répondait-il, tu es sûre? Ca y est alors, tu tournes la page? Tu vas y arriver? Et il criait encore bien plus fort.
-Alors elle soupirait, je n'en sais rien, ce sera difficile, je sais.
Alors il s'est tu, l'appel du ventre, enfin il n'a plus crié aussi fort. Il l'a fait crier de douleur tous les mois. Pour qu'elle sache bien que si elle disait non, lui criait oui, et que le nid inutile qui s'en allait était une véritable souffrance.
Et elle pleurait, coincée sous sa bouillotte, allant du lit au canapé à quatre pattes (elle qui n'avait jamais souffert, un comble!!). Trop épuisée pour s'étourdir devant sa machine et faire comme si elle n'entendait rien, comme avant.
Le jour de la fête des mères-date symbolique- elle a descendu tous les cartons du dessus de son armoire. Toutes les petites affaires de bébé soigneusement pliées, gardées "au cas où", parce que toujours l'appel du ventre lui disait "ho, garde les après tout". Mais là elle a tout trié. La boule au ventre, le coeur au bord des lèvres et en pleurant, elle a tout mis dans des grands sacs, qu'elle a déposé dès le lendemain au secours catholique.
Vite, vite pour ne pas regretter, vite pour ne pas ramener les sacs comme elle l'avait déjà fait.
Et voilà. Le 5e élément s'est envolé.... Elle lui a dit au revoir grâce à une douce et son reiki, et elle a eu bien mal sans le dire.
Ca aurait pu être une jolie histoire encore une fois réécrite, celle d'un enfant qui grandi dans sa maman dans l'amour et la joie, celle de la douce attente. Seulement, comme la fin n'est pas des plus jolies, elle préfère ne rien écrire, et continuer son livre sans nouveau chapitre.
Amère, elle sait bien qu'un jour ou l'autre il faudra retourner quelques pages en arrière pour refermer des plaies qui saignent toujours, mais chaque chose en son temps. Et le temps du ventre rond, il est terminé maintenant.
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13 août 2008
des photos
Emouvantes d'une maman avec une cicatrice....
http://www.flickr.com/photos/ericpayette/sets/286195/show/
Edit du 14 aout :
Et pour les courageuses, voici le lien d'une cesa en direct. Attention, c'est pas du disney, c'est très technique, livrée sans tabous aucun : juste un césa et c'est ce qui n'est jamais montré...
http://www.youtube.com/watch?v=u5oPZe5hbco
09 août 2008
le jour où elle est un peu morte
le jour où elle est un peu morte
Elle se coucha ce soir là, inquiète. Un peu. Enfin comme tous les soirs depuis un mois. A vrai dire, ils trouvent tous que c'est un problème, et elle ne comprend pas trop comment c'est arrivé, pourquoi. Enfin c'est la vie : son bébé a décidé de s'installer en siège.
Sa sage-femme l'a abandonnée. Elle le vit comme ça en tout cas. Elle n'appelle pas, de toute façon, qu'est ce qu'elle pourrait bien faire? Elle se dit qu'elle est perdue, elle se sent seule, à batailler pour se protéger. elle a tenté acupuncture, ostéopathie même une version par manœuvre externe, tant redoutée... mais bébé tient à sa position.
A l'hôpital, il a voulu inscrire une date pour la naissance de son enfant. Par césarienne. Mais cette fois-ci, elle a dit non. Elle a dit qu'elle ne voulait pas, qu'il y avait d'autres solutions, que si son premier bébé était né par césarienne, ce n'était pas son corps qui était en cause et elle avait su mettre au monde deux autres bébés. Non, il ne voulait rien savoir, statistiquement, c'était risqué. Les statistiques, elle s'en fichait pas mal, puisque statistiquement elle n'aurait jamais du avoir 2 bébés en siège sur 4.
Et lui, il a arrondi les angles en proposant une échographie pour voir. Elle était d'accord, après tout elle gagnait du temps, du temps de grossesse -c'est précieux pour elle- du temps pour que ce petit bébé se retourne enfin et que la sage-femme puisse venir l'assister à la maison. A l'écho, il dit que le bébé est petit -elle le sait bien que sa fille est fine, elle l'a bien deviné- que sa tête est bien fléchie. Elle sourit, et ils retournent dans son cabinet. il s'assoit et conclut, que non quand même, lui il ne veut pas et ce sera césarienne ici. Elle entend parler de 4e naissance et d'hémorragie, d'un antécédent de césarienne, d’une cicatrice, d'un bassin vaguement asymétrique...
Et voilà, ce corps qu'elle déteste, va encore lui poser un problème. Elle réplique que son utérus, malgré la cicatrice a supporté les hormones de synthèse et des forceps sans broncher, 21 mois après une césarienne. Et intérieurement elle hurle que ça suffit de couper son corps et son intimité comme ça. Mais rien n'y fait.
Elle reste bouche bée, lasse. Et temporise -gagner du temps, il faut gagner du temps- et dit qu'elle va en parler à son mari : arriver à dilatation complète c'est sa seule chance de ne pas revivre cette horreur. Ca fait 6 ans, et les sensations sont toujours là : attachée à la table d'opération, les bras en croix elle se souvient n'avoir pas eu mal mais avoir tout senti "c'est ça madame un accouchement" lui avait dit l'anesthésiste. Après, bien après, elle avait compris, serrant dans ses bras une petite princesse née comme une fleur, ce que c'était que de mettre au monde un bébé. Et ce n'était pas ça. Une naissance ça n'était pas les mains du chirurgien fouillant ses entrailles pour arracher ce petit être précieux qu'elle avait caressé, appelé des mains et attendu 9 mois. Elle soupira la gorge serrée en repensant à cette naissance. Et ce soir là, elle se coucha. tendue, la main sur le ventre se convaincant que ce bébé arriverait vite, et saurait bien le surprendre l'autre à l'hôpital.
Et à 5 h, une contraction la réveille. Elle sourit et guette la suivante. Elles sont douces et irrégulières pourtant c'est le moment elle le sait. Les aînés partent avec leur grand-mère pour la journée. Elle décide d'une grande promenade dans le vent glacé du bord de mer, pour faire avancer le travail. Elle y croit fort mais les contractions ne s'enchaînent pas comme il faudrait. Autour d'elle on s'inquiète "tu ne devrais pas rester comme ça". Elle appelle sa sage-femme, espérant qu'elle lui propose une visite. Elle lui explique ce qui se passe, demande de l'homéopathie pour accélérer les choses. Et la sage femme lui dit qu'il faut se donner une limite, que si cette naissance n'est pas brillante, c'est que tout n'est pas normal.
Et ça y est, elle est gagnée par la peur. Il est à ses côtés, mais inquiet, ses grands parents aussi. Tout le monde a peur. Elle se sent seule. Alors il va falloir aller à l'hôpital. Elle sait bien que la naissance n'est pas pour dans une heure, ni pour deux, elle sait qu'elle risque de se jeter dans la gueule du loup, mais elle espère quand même ...
Elle prétexte une course pour ne pas y aller tout de suite, prend ses granules. Elle aimerait bien rentrer chez elle -ils pourraient mentir après tout et dire aux autres que c'était un faux travail- mais lui, il a peur. Il ne voudrait pas être tenu responsable de quoi que ce soit peut-être. Alors il la conduit.
Manifestement, elle est attendue. Un examen rapide confirme le début du travail. Son collègue arrive "bon et bien madame, on vous prépare pour le bloc". Elle est choquée, elle refuse, elle dit qu'elle souhaite tenter une épreuve du travail. Il répond sèchement "ha non, moi je ne vous accouche pas, je ne prends pas de risques c'est une césa". Sans se démonter, elle demande une heure. Une heure à son bourreau. S'accrochant à un tout petit espoir, une grosse contraction, une poche qui se rompt, en une heure c'est possible. Elle chuchote à son bébé entre 2 granules qu'il faut y aller là, qu'elle ne veut pas qu'ils vivent ça.
Elle le regarde, il râle mais il a l'air de celui qui accepte la fatalité. Elle propose d'appeler la maternité dans l'autre ville, un médecin lui avait dit qu'il "l'accoucherait en siège, s'il était de garde". Mais son regard est vide. Il ne veut pas se battre, même pas pour elle, même pas pour leur bébé. Il sort faire des papiers -elle n'a toujours pas donné son accord. et l'autre arrive, il a fini sa garde, mais vient. Il l'agresse, avec des mots durs, ne comprenant pas pour quoi elle veut cette heure. Cette dernière heure de grossesse, celle que les autres vivent en poussant, en accompagnant leur bébé. Et il gâche ce moment doux pendant lequel elle caressait ce ventre rond en parlant tout bas. Ce ventre qu'elle entourait chaque nuit de ses mains, effleurant les bosses, appelant son petit. Il vient lui demander pourquoi, et quand est ce qu'elle pense pouvoir digérer ça, qu'il faut statuer, que ça ne rime à rien. Et il s'en va, la laissant brisée. La sage femme, son mari... ses soutiens l'abandonnent et la voilà seule, toute seule, fragile, à moitié nue dans une minuscule salle impersonnelle. Elle finira par répondre "je n'ai pas le choix" à la question "vous êtes prête?" comment pourrait-elle être prête à revivre la pire chose qu'elle ait jamais vécue de toute sa vie? Elle s'en veut encore de n'avoir pas su protéger son premier bébé, et voilà qu'encore une fois, elle se sent faillir, comment trouver la force? Et elle pleure, elle ne parle plus, à personne, ne voit plus personne. Il est revenu auprès d'elle. Et lui avoue qu'il ne veut pas l'accompagner au bloc, qu'il ne s'en sent pas la force. Elle ne peut même plus lui parler, mais elle voudrait lui crier que lui, il peut ne pas y aller au bloc, qu'il peut choisir même de ne rien regarder, de tourner les yeux. C'est facile pour lui.
Mais rien ne sort.
Elle ne répond à aucune des questions "ça va? vous allez voir votre bébé, tout va bien se passer, ne pleurez pas... Elle est rasée, désinfectée, charlotisée, unrinairement sondée -et sans attendre la rachianesthésie s'il vous plaît, c'est mieux quand ça fait mal sans doute. Pour achever le travail, on va lui enlever son piercing de nez.
Qui est-elle? Elle ne sait plus. Elle entend, « on y va ». Et elle, elle s'en va. Elle se sauve de ce corps qu'on va encore ouvrir. Elle ne veut rien sentir. Elle veut partir, parce que c'est trop difficile. Elle sent bien qu'elle pourrait vraiment partir et laisser tout ça là. Elle a oublié son bébé qui allait arriver, elle a oublié les grands qui l'attendent. Elle a oublié l'Homme qui l'attend dans le couloir, et tous ceux qui l'aiment. Elle veut être ailleurs.
Elle veut mourir. Son bébé va naître et elle, elle voudrait mourir....
Mais un pleur la fait revenir. Sa petite fille hurle de colère, leur colère. Elle voudrait tellement pouvoir la prendre dans ses bras, l'apaiser de son sein, mais ses bras son ficelés, piqués, son ventre est ouvert. Un bisou et la voilà seule avec elle même. Les voilà deux, séparées. violemment. L'une avec son papa pour les soins, et elle, là. Dans le froid.
Leur première nuit sera pénible et douce à la fois. Pénible des visites de l'infirmière toutes les 2 heures, pour lui appuyer sur le ventre -pour bien faire souffrir ce corps déjà meurtri pour elle c'est juste encore de la maltraitance- et douce comme une nuit avec un bébé tout neuf. Mais elle est mère, et ce corps devra se taire, pour donner amour, lait et tendresse à sa petite fille. Et aux grands qui ne sont pas si grands que ça.
La petite fille a presque 2 ans, elle est belle et douce. Un amour. Et sa maman revit presque chaque jour cette violence. Elle ne se reconnaît plus vraiment dans le miroir. Elle n'a pas trouvé le moyen de vraiment parler de tout ça depuis (sauf en parlant d'elle à la 3e personne, sinon, elle n'y arrive pas;)). Elle a réussi à lui dire à l'Homme qu'elle aurait voulu mourir et il lui en a voulu. Il ne comprend pas, comme les autres, pourquoi elle se sent si meurtrie. Et elle se sent toujours aussi seule.
Les mêmes phrases résonnent "on ne vous accouche pas, c'est une césa" et le filme repasse sans qu'elle puisse l'arrêter. Elle ne veut plus voir de médecin ou même l'esthéticienne, elle ne veut plus qu'on la voie nue, ni qu'il touche son ventre ou la masse. Et elle, elle s'endort toujours la main sur le ventre...
01 mai 2008
La réforme de la T2A??
Je vote pour :) :)
Merci le GRENN (Groupe Radical des Excitées de la Naissance Naturelle) pour cette nouvelle vidéo....
09 novembre 2007
gouverner par la peur...
C'est étrange comme on a peur de quelque chose
parce qu'on nous a préparés à avoir peur. (Ngugi)
Illustration par l'obstétrique moderne
Ou comment la femme CONFIANTE,
MAITRESSE DE CORPS ET
DE SON COEUR peut mettre au monde son bébé,
SEULE
je ne peux pas passer ça sous silence, parce que c'est trop beau, parce que... bin lisez vous même :
Je vous envoie un témoignage qu'une de mes collègues Sophrologue à
Sarlat m'a fait parvenir, suite au film "Le premier cri":
"Caroline Jeanne a accouché chez elle avec son mari une
semaine avant terme après avoir visionné le film « Le premier cri »
Le maire Roland Manet est tout content. Cela faisait plus de
quarante ans qu'il n'y avait pas eu de naissance sur sa commune de
Saint-André-d'
également comblés, tout comme les grands-parents qui ont accouru de
Lorraine. Caroline Jeanne et Benjamin D..... ont vécu une aventure
peu commune, il y a une semaine, en accueillant leur bébé à la
maison, sans assistance médicale.
« Il y a eu quelques secondes de panique. Nous n'étions pas préparés
à ça. Il fallait ?uvrer. On s'est regardé un moment les yeux dans
les yeux. J'avais confiance en elle et elle en moi. On s'y est
mis », commente Benjamin. Et la petite Louise est arrivée comme une
fleur dans le lit conjugal, sous les yeux ébahis de ses deux grands
frères Merlin et Marius.
Une naissance à la maison n'est pas en soi un événement
extraordinaire, sauf que la venue de Louise était prévue une semaine
plus tard à la maternité de Sarlat. Un événement semble avoir été un
petit peu déclencheur pour Caroline.
« Le premier cri ». La veille au soir, vendredi 26 octobre, elle est
allée au cinéma avec une amie. Le Rex proposait dans le cadre de la
Semaine mondiale de l'allaitement maternel avec des associations
locales, la projection du film documentaire « Le premier cri » de
Gilles de Maistre suivi d'un débat. Le réalisateur a filmé des
mamans et des accouchements sur tous les continents.
« À la fin du film, j'ai discuté, en aparté, avec les sages-femmes.
Du coup, cela donnait envie de vivre ça chez soi en famille,
d'accoucher à la maison », raconte Caroline fortement marquée par la
puissance des scènes d'expulsions des bébés, de façon traditionnelle
à la maison pour la plupart. De retour à la maison, Caroline en
parle à Benjamin, dans l'éventualité d'un quatrième enfant.
Ode à la femme. Le lendemain, Caroline commence à ressentir des
contractions légères vers 5 h 30. Elle prend ensuite un bain en
prévision d'un départ précipité à la maternité dans le week-end car
les contractions se précisent vers 8 heures. De retour dans sa
chambre pour s'habiller, elle appelle son mari. La tête du bébé
sortait. « J'ai appelé les pompiers pour savoir quoi faire, relate
Benjamin. Le médecin urgentiste m'a donné des conseils pour
accompagner le bébé et ne pas le tirer, lui soutenir la tête. »
Quand les huit pompiers arrivent dans la chambre de 10 m², la petite
Louise a déjà rejoint ses parents dans le lit à 8 h 45. « On était
bien, on était serein car tout s'était bien passé et très
rapidement, en 3 ou 4 minutes, se souvient Benjamin. Cela a été
extrêmement riche en émotions. Nous sommes tous très fiers. »
Caroline a ensuite rejoint la maternité pour deux jours afin de
faire tous les examens de routine.
« Le film a levé des peurs, des inhibitions, analyse la maman. Il
donnait confiance en nous. C'était une ode à la femme pour dire
''vous êtes fortes, vous êtes toutes capables de le faire, faites-
le''. J'ai vécu cette naissance de l'intérieur comme dans le film. »
Louise est en parfaite santé. Elle pèse 3,340 kg et mesure 49,5
centimètres. Caroline l'allaitera le plus longtemps possible
jusqu'au sevrage. Plus tard, elle ira ensuite à l'école de Saint-
André-d'Allas où sa maman est professeur des écoles."
Delphine
ALors??????
26 octobre 2007
La liberté des SF et celles des femmes
Voici une info intéressante trouvée ici: je fais un copié-collé....
Voici un message reçu aujourd'hui concernant Françoise Servent, sage
femme pratiquant l'AAD sur Montpellier.
Vous avez certainement entendu parler des sages-femmes de l'Hérault
qui se sont vues interdire une salle de réunion par le Maire de Castries.
Parmi ces sages-femmes se trouvait Françoise Servent, sage-femme
libérale pratiquant des accouchements à domicile depuis plusieurs
années, qui fait l'objet d'une action en justice suite à la mort d'un
nouveau né.
La maman, une amie de Françoise, est venue chez celle-ci pour des
douleurs de fin de grossesse, trois semaines avant terme dans le but
de faire une consultation mais quelques heures plus tard, le travail a
débuté dans la voiture et elle est arrivée chez Françoise avec le bébé
prêt à sortir, poche des eaux juste rompue et de très fortes envies de
pousser, le travail avait été donc très rapide. Il s'agissait donc
d'un accouchement inopiné.
Elle la accueilli ,en plein hiver afin qu'elle n'accouche pas dehors.
L'enfant était malheureusement déjà décédé. Le médecin légiste a
conclu à une asphyxie pendant le travail. Les parents n' ont pas porté
plainte mais l' affaire a tout de même été portée au parquet .
Depuis bientôt trois ans, l'histoire traîne, mais il y a peu, le
rapport d' expertise d'un sage-femme expert à Paris semble
précipiter les choses.
En effet,celle-
pas tous les dires de Françoise et même en déforme certains. Le ton
général est à charge et pas du tout neutre.
Tout porte à croire que cette affaire n'est pas le jugement d'une
professionnelle, mais bien celui de l'accouchement à domicile. On
n'interroge Françoise sur l'affaire, mais bien plus sur son matériel
et ses méthodes alors qu'il est prouvé qu'elles n'ont pas entrainées
la mort de l'enfant.
L'Hérault compte un grand nombre de médecins opposés à l'accouchement
à domicile et aux sages-femmes libérales en général (voir pour cela
l'interdiction d'ouvrir la Maison de Naissance, créé il y a quelques
années).
Françoise est la sage-femme qui réalise le plus d'accouchement à
domicile dans la region Languedoc Roussilon (800 à l'heure actuelle
avec un seul cas d'enfant mort né qui se trouve être notre affaire),
c'est donc une cible parfaite.
Il est important que cette information soit transmise afin que nous
puissions l'aider, la soutenir et qui sait éviter qu'on l'empêche
d'exercer... Ceci par respect pour le bonheur qu'elle a donné à tant
de familles mais aussi pour éviter que l'affaire prenne une mauvaise
tournure et fasse jurisprudence.
C'est la liberté d'exercer des sages-femmes libérales et celle de
choisir son accouchement qui sont remis en cause aujourd'hui.
Si vous avez des pistes pour sa défense, des idées d'action à mener
grâce à vos contacts, les coordonnées de personnes ayant vécu une
histoire similaire, où tout autre information qui pourrait lui être
utile, vous pouvez la joindre directement sur cette adresse e-mail :
francoiseservent@
16 octobre 2007
le mardi de la semaine 42
Un mardi froid et venteux avec un magnifique soleil tout rond, un mardi promenade sur le port.
Un mardi tagliatelle au saumon-mangés sans faim entre 2 contractions,
un mardi avec des vêtements roses, un collier porte bonheur et un gros noeud dans les cheveux,
Un drôle de mardi qui a vu arriver sur terre une petite fille toute menue, douce et belle....
Ce n'est pas encore l'anniversaire d'Hermance,
c'est juste que ce mardi...je ne pourrai jamais l'oublier.
Ni le vendredi de la naissance d'Eurielle, ni le samedi de Gabriel et ni le dimanche d'Aloyse.
30 septembre 2007
Clairette Doula
J'ai toujours su au fond de moi que les femmes avaient toutes en elles une espèce de force fulgurante et animale. Une force qui les aide à mettre au monde leur bébé, une force physique intense. Evidemment, quand on s'amuse à jeter des grains de sable dans cette belle mécanique, ça ne finit pas toujours très bien : je parle d'hormones de synthèse, je parle de péri, je parle du manque d'intimité et de respect.... J'ai été prise par cette force à la naissance d'Aloyse, un ouragan puissant qui a mouché mon cerveau pensant en lui prouvant par a + b que oui mon corps était capable de mettre au monde un bébé malgré.... malgré cette p....de césa.
Ce que j'ai vécu comme copine-doula est tellement fort que les mots manquent et que je suis tout aussi larmoyante que Gene :)!!!!
J'avais peur d'être trop ou pas assez, de gêner son intimité, d'avoir des gestes qui la dérangent... Je me demandais si j'avais assez d'expérience pour l'aider, si j'allais être utile...
Un petit coup de téléphone le matin l'avait trouvée toute chamboulée de la rentrée de dadou, son petit chat sauvage, sa petite fille... J'y vais l'après-midi et je la trouve dans des contractions, le regard vague et embué, bref, rien à voir avec son regard pétillant habituel. J'ai tout de suite su que c'était parti : comment l'expliquer, je n'en sais rien. C'était pour moi la toute première fois que je rencontrais ce regard pourtant!
Les contractions l'immobilisent et elle n'y croit pas. Haah mais ce regard ne trompe pas et toutes les 2 mn....
Le grand voyage avait commencé
Je lui masse les reins sans réfléchir pendant qu'elle s'appuie sur la table. On discute un peu et c'est déjà l'heure de récupérer les zouzoux à l'école. Je file en lui promettant de revenir dès l'arrivée de doux. J'avais tiré mon lait la semaine passée pour Hermance.
De retour vers 18h, ses contractions sont fortes, elle gémit. Anne la SF est à Marseille, elle angoisse un peu. Mais elle gère bien. Je lui masse les reins à chaque contractions, entre elle se déconnecte de l'accouchement et plaisante. Moi je suis baba de cette décontraction, franchement!!!
Ensuite elle prend une douche et se couvre parce qu'elle a froid, elle a envie de s'enfouir sous les couvertures bien au chaud. Elle contracte très fort ses jambes pendant les contractions, alors je lui caresse les cuisses pour qu'elle ne se tétanise pas, ensuite je lui fais une bouillote pour ses reins, lui apporte de l'eau.
Anne arrive, et lui propose un bain-Gene a une immence baignoire maçonnée, kitch certes mais géniale pour accoucher. Sur le coup elle n'en a pas envie et puis finalement elle accepte. Elle se plongera avec bonheur dans l'eau chaude :)
Ensuite, il y aura un long moment d'osmose inexplicable, Anne veille sur nous, Gene me serre les mains à chaque contractions, je la masse, l'encourage, lui caresse ses épaules nouées, je l'aide à trouver une position en me mettant derrière elle dans la baignoire. Pas un mot n'est échangé. Elle ne parle pas mais je devine ce qu'elle demande sans parler.
Je suis assez pudique dans mes gestes, je ne touche pas facilement mes amies, ma famille. Jamais je n'aurais cru être capable de montrer sans maladresse ni pudeur autant d'amour et de compassion, oui, enfin c'est comme ça que je l'ai ressenti, jamais je n'aurais imaginé pouvoir lui apporter un verre d'eau juste quand elle avait soif, ni lui masser exactement là où elle en avait besoin sans paroles.
La lumière est douce, et elle commence à pousser, j'ai compris et regarde Anne qui lui pose la question "Tu n'aurais pas une petite envie de pousser là??" Elle ne sait pas, elle est perdue... Anne regarde où en est son col : presque, on y est presque. Et là, je sens que c'est plus violent pour elle, que c'est intense, elle se met debout... elle est si belle magnifique, ronde, une femme si forte, si puissante.
Je sors et croise son mari... il n'avait pas osé s'introduire dans le cercle féminin!!
Je lui dis qu'elle a besoin de lui : les mots sortent comme ça, oui Gene a besoin de lui. Je m'occupe de sa grande un peu inquiète, je la couche.
Et puis, je vais m'en aller sur la pointe des pieds : parce que je sens que c'est le moment de m'éclipser.
Il est avec elle, son bébé va arriver.
La suite elle vous la racontera :) hein, Gene? L'arrivée du puissant Ronan :)
En tout cas, j'ai vécu et partagé des moments intenses, beaux.
(Si l'occasion se présente, vais-je être capable de recommencer????)
Mes mots sont bien petits face à cette force de la femme qui enfante. Bien petits aussi sont ceux qui volent aux mères ces moments, ces "jaloux" de la force physique et mentale qui entre en jeu....comme le dit si superbement bien Supermama : merdocon :)
merci, ma belle brune pour ce cadeau, c'est le plus beau qu'une amie m'ait fait.
Je n'oublierai jamais.....
15 septembre 2007
Alleluia!!!
Le blog de Sacha, vous connaissez??? J
e l'ai découvert aujourd'hui grâce au fouilli de la mère Angèle (merci :)) et quest quelle met en lien????
Co
ordination F
rançaise pour l’Allaitement Maternel Coordination Française pour l’Allaitement Maternel Siège social :
22 rue Chènedollé - 14500 Vire Secrétariat de l’IHAB :
12 Rue Parmentier - 33510 Andernos les Bains – Tél. : 05 56 82 07 59 Président :
Dr Marc Pilliot – 40, rue du Docteur Leplat – 59150 Wattrelos – Tél. : 06 11 96 13 13 Dr Marc PILLIOT Wattrelos, le 07 Mai 2004 Président de la CoFAM Ceci est une lettre ouverte à Mr le Docteur Aldo NAOURI 6 rue Campo Formio 75013 PARIS Monsieur, Dans L’Express du 19 avril dernier, et dans le « Elle » du 26 avril, vous lancez un cri d’alarme contre la toute-puissance des mères. Et je suis abasourdi par vos propos culpabilisants. Je suis pédiatre comme vous, un pédiatre de terrain qui a travaillé des années en néonatalogie et qui exerce maintenant dans l’une des rares maternités en France qui soient « Amies des Bébés », alors qu’il y en a plus de 50 au Royaume-Uni, plus de 500 en Europe, et environ 18000 dans le monde. Président de L’ENVOL, je vous avais convié à Lille, il y a plusieurs années, pour un congrès auprès des professionnels de l’enfance. Actuellement Président de la CoFAM (Coordination Française pour l’Allaitement Maternel), c’est à ce titre que je vous écris aujourd’hui. Vous lancez un cri d’alarme contre la toute-puissance des mères. Quant à moi, je lance un cri d’alarme contre la toute-puissance des médecins. C’est surprenant de voir le nombre de médecins qui donnent des avis sur le lien mère-enfant. C’est déconcertant de voir si peu de psychiatres investir les maternités et les services de néonatalogie. Et pourquoi si peu de psychanalystes ont écrit sur l’allaitement maternel, alors qu’il s’agit d’un moment formidablement riche pour l’observation de l’établissement des liens ? Et tous ces professionnels donnent des avis péremptoires, sans appui scientifique ! Quels sont donc leurs peurs et leurs fantasmes pour agir de la sorte ? Avant de vouloir donner des conseils, les médecins devraient être attentifs à leurs mouvements internes, leurs croyances, leurs hésitations. Dans ce sens, le livre « L’art d’accommoder les bébés » de Mmes Delaisi de Parseval et Lallemand est une extraordinaire leçon de modestie pour qui veut donner des conseils aux parents. Certes, je suis en plein accord avec vous lorsque vous vous inquiétez : « depuis quelques décennies, les petits n’ont jamais été en si bonne santé physique, mais ils présentent une quantité impressionnante de troubles de langage, d’apprentissage, de comportement, etc… ». Certes, beaucoup de mères « sont mues par une inquiétude excessive » et « ont besoin de sursatisfaire leur enfant ». Mais, que diable, pourquoi accuser les mères d’être toutespuissantes et les pères de ne plus savoir s’y opposer ! Regardons plutôt comment la Médecine et la Société ont transformé la naissance et les premières années de l’enfant. « On a mis de la technologie là où il y avait de la sensorialité » (Boris Cyrulnik). Tous les repères sensoriels, affectifs, psychologiques, voire sociaux sont perturbés par notre façon d’accueillir les bébés : • L’hypermédicalisation de la grossesse fait croire aux mères qu’elles peuvent être dangereuses et leur fait perdre confiance en elles-mêmes. • La naissance dans les maternités est souvent un ensemble de non-sens physiologiques et psychoaffectifs destructeurs des liens. Bien peu nombreux sont les endroits où il y a un respect des désirs des parents et de leur projet autour de la naissance, un respect des rythmes et de la physiologie du nouveau-né, un respect de la proximité mère-enfant et du « peau contre peau » pourtant si fondamentaux dans l’établissement des liens chez tous les mammifères. • Tout est fait en maternité pour qu’une maman qui veut allaiter ne réussisse pas son allaitement, augmentant ainsi son manque de confiance en elle. En France, nous avons un véritable vide de formation et d’information des professionnels qui laisse la place à toutes les projections personnelles, d’où les injonctions et les diktats plutôt que les conseils ou « l’accompagnement ». Ainsi vos propos vont à l’encontre de tous les travaux scientifiques récents et de tout ce que préconise l’ANAES. • Enfin, tout est organisé dans notre société pour des séparations précoces, au risque de créer des frustrations chez les parents et des angoisses chez les nourrissons et les jeunes enfants. Le père a autre chose à faire que de couper le cordon à la naissance. Pourquoi culpabiliser les parents qui vivent en proximité avec leur jeune nourrisson ? Pourquoi celui-ci devrait-il aller en crèche déjà à deux mois, au risque d’attraper une bronchiolite ? Pourquoi mettre un enfant à l’école à deux ans ? Pas étonnant, avec tout cela, qu’on se retrouve avec des parents qui ont perdu confiance en eux et qui ne savent plus s’y prendre ! Pas étonnant qu’on crée de l’angoisse, y compris chez les bébés, en provoquant de telles séparations dès le début de la vie ! Pas étonnant qu’il y ait autant de frustrations de toutes parts ! Et comment rattraper tout cela, sinon en cherchant à compenser par des surprotections et/ou des incapacités de donner des limites pendant les années suivantes ? Oui, je lance un cri d’alarme contre la toute-puissance des médecins. Mères, Pères, ne vous laissez pas influencer par ces psys et ces éducateurs pressés de rendre votre enfant autonome. Pour s’épanouir, l’enfant a besoin d’un « long bain maternel ». Le maternage permet d’aborder l’enfant comme une personne inachevée, encore immature. Il permet d’exprimer une certaine « bonneveillance » comme le précise le Dr Daniel Marcelli. Le maternage permet aux parents de trouver leurs marques et au nourrisson d’être sécurisé dès le départ. C’est ensuite seulement que viendra l’éducation, avec le rôle maturant de la frustration. Vos propos sont des « empêcheurs de maternage ». Vous culpabilisez les parents et vous les mettez dans l’incapacité d’agir. Votre vision de l’autorité parentale est manichéenne. « L’autorité ne doit plus être sexuée ; les hommes ont le droit d’être affectueux ; et les femmes ont le droit d’énoncer la Loi » (Boris Cyrulnik) L’allaitement maternel est un moyen d’échapper à toutes ces déviances de notre Société… C’est une très bonne école pour apprendre à lâcher prise, pour respecter les rythmes biologiques, pour être à l’écoute de son enfant, mais aussi à l’écoute de soi-même. Contrairement à ce que vous affirmez, les enfants nourris longtemps au sein sont plus facilement autonomes. Winnicott insistait déjà sur cet « espace transitionnel » qui permet à l’enfant de progressivement se construire. C’est pourquoi le label « Hôpital Ami des Bébés » (traduction de Baby Friendly Hospital), créé par l’OMS et l’UNICEF, est un extraordinaire outil pour les professionnels de maternité et au profit des parents. Cela oblige les professionnels, toutes spécialités et grades confondus, à réfléchir sur la nature et les objectifs des soins. Tout en restant très vigilant sur les soins médicaux et la sécurité, c’est une démarche centrée sur l’enfant et sa famille, et non plus sur les soignants et l’organisation du service. Cela oblige donc à une forte remise en question des gestes et des habitudes pour respecter la physiologie et les rythmes biologiques de l’enfant et de sa mère (allaitante ou non), et pour répondre le mieux possible aux besoins de tous les nouveau-nés, allaités ou non. Alors la famille retrouve ses repères, les parents sont plus confiants en leurs capacités, les allaitements sont plus réussis et plus longs (Radford 2001 ; Cattaneo et al 2001), et même les risques de sévices sont très nettement diminués (Acheson 1995 ; Lvoff et al 2000 ; Strathearn 2002). Quant au soignant, il retrouve sa vraie place : - ne pas juger, ne pas fustiger, ne pas culpabiliser, ne pas nuire ; - mais plutôt observer, surveiller, évaluer, sans agir si cela n’est pas nécessaire ; - soutenir, accompagner, encourager, être « avec… » et non pas « à la place de… » Voilà pourquoi vos propos m’ont indigné et je m’insurge d’autant plus que votre médiatisation peut leur donner du poids. De grâce, restons modestes et arrêtons de culpabiliser les mères en général et celles qui allaitent en particulier. De grâce, laissons les parents vivre leurs émotions sans avoir peur d’être jugés par un « spécialiste ». Et de grâce, si nous nous prétendons spécialistes, faisons en sorte que nos propos soient fondés sur des preuves scientifiques. Je vous prie de croire, Monsieur, à l’expression de mes salutations distinguées. Dr Marc PILLIOT Président de la CoFAM Président de L’ENVOL Pédiatre à la Clinique Saint-Jean de Roubaix 2 maternité en France à avoir obtenu le Label « Ami des Bébés » décerné par l’OMS et l’UNICEF
07 septembre 2007
Elle l'a fait!!!
J'avais dit il y a de ça presque un an qu'il me serait difficile de quitter le monde de la naissance et de la petite enfance... J'avais dit que doula, ça me plairait bien, j'avais dit que peut-être je serais utile...
Et en début d'année, elle m'a dit, qu'elle aimerait bien que je sois sa doula.
Quel cadeau, quelle chance elle m'offrait!!
J'ai dit oui.
Evidemment....
Et hier soir, j'étais auprès d'elle, l'aidant de mon mieux alors que son bébé s'apprêtait à venir.... chez elle, dans sa baignoire ou sur son lit. Elle l'a fait, son bébé est né chez elle.
Je suis fière d'elle!
Et je crois n'avoir pas vu de femme si belle que ma belle Gene donnant la vie, accompagnant son bébé de toutes ses forces, de toutes ces forces que la nature a su nous donner à nous les femmes.
Bienvenue Ronan, petit garçon,
Merci Geneviève pour tout....

